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Notre vie comme oeuvre d'art - Mademoiselle M
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Notre vie comme oeuvre d’art

Et si nous envisagions notre vie comme une oeuvre d’art ?
Alors que me yeux se sont posés il y a quelques jours sur le titre d’un article de Psychologies Magazine : “Transformer sa vie, mais comment ?”, un passage autour de “l’esthétique de l’existence” proposé par le philosophe Michel Foucault m’a tout particulièrement interpelée. J’ai alors fait quelques recherches que j’avais envie de partager avec vous dans cet article.

En avril 1983, le philosophe Michel Foucault effectue un séjour d’enseignement à l’Université de Berkeley, en Californie. Lors d’une séance de travail, ses étudiants lui posent la question suivante, simple et directe :

« Quel genre de morale pouvons-nous élaborer aujourd’hui ? ». Sa réponse est alors la suivante : « Ce qui m’étonne, c’est le fait que dans notre société l’art est devenu quelque chose qui n’est en rapport qu’avec les objets et non pas avec les individus ou avec la vie (…). Mais la vie de tout individu ne pourrait-elle pas être une œuvre d’art ? Pourquoi une lampe ou une maison sont-ils des objets d’art et non pas notre vie ? »

“Si vous ne possédez qu’une seule oeuvre d’art, autant que ce soit vous !”

En vous rendant sur mon site Internet Première Impression, l’une des premières phrases que vous pouvez lire est : “Si vous ne possédez qu’une seule oeuvre d’art, autant que ce soit vous !”. La beauté que j’ai en vue ne se limite pas (encore) à des combinaisons de traits extérieurs, à l’apparence, laquelle peut être cernée par tout un arsenal de qualificatifs : jolie, plaisante, colorée, chatoyante, somptueuse, élégante, bien équilibrée, bien proportionnée, etc.

Pourtant, lorsque je fais du conseil en image, je parle avec mes clients de “couleurs, de lignes, de volumes, de proportions, de style, de formes, de textures, de matières”. N’avons-nous pas là à faire au vocabulaire propre aux oeuvres d’art ?

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La beauté formelle existe, bien entendu, mais elles est loin d’englober toute la notion de beauté. Celle-ci relève proprement de l’Etre, mû par l’impérieux désir de beauté. La vraie beauté ne réside pas seulement dans ce qui est déjà donné comme beauté ; elle est presque avant tout dans le désir et dans l’élan. Elle est un avenir, et la dimension de l’âme lui est vitale. De ce fait, elle est régie par le principe de vie. Alors, au-dessus de tous les critères possibles, un seul se porte garant de son authenticité : la vraie beauté est celle qui va dans le sens de la Voie. Nous présumerons que la Voie n’est autre que l’irrésistible marche vers la vie ouverte, un principe de vie qui maintient ouvertes toutes ses promesses. Dès lors, vous comprendrez que cette “esthétique de l’existence” m’ait interpelée…

Grâce à mes investigations, j’ai pu découvrir que ce que Michel Foucault plaide est une esthétique de l’existence, qui se caractérise par

« l’idée selon laquelle la principale œuvre d’art dont il faut se soucier, la zone majeure où l’on doit appliquer des valeurs esthétiques, c’est soi-même, sa propre vie, son existence » .

Il explique que ses recherches d’alors portent sur les philosophiques qui ont développé une telle esthétique de l’existence (les écoles stoïciennes et épicuriennes de la période hellénistique ; mais il évoque aussi la Renaissance et la tradition de la vie artiste et du dandysme au 19ème siècle).

« Voilà ce que j’ai essayé de reconstituer : la formation et le développement d’une pratique de soi qui a pour objectif de se constituer soi-même comme l’ouvrier de la beauté de sa propre vie » .

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Quelle est la beauté de votre vie à vous ?

Or, me direz-vous peut-être, comment pratiquer aujourd’hui une esthétique de l’existence ?

En quoi pourrait consister, aujourd’hui, la tentative de faire de sa vie une œuvre d’art ? D’autant plus qu’en ces temps de crises économiques, de violences aveugles, de catastrophes écologiques et d’époque #metoo, parler de la beauté peut plus encore paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presqu’un scandale. Mais en raison de cela même, la beauté se situe bien à l’autre bout de la réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadée que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal ; de l’autre, la beauté.

Question délicate en effet… Et bien pourquoi ne pas envisager de faire de l’esthétique de l’existence un principe politique. Je ne dis pas un programme, pas même un projet, encore moins un parti (le parti de ceux qui sont les « ouvriers de leurs propre beauté » !!! 🙂 ), mais un principe directeur, un espèce idéal régulateur et tout en harmonie.

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Absurde ? Pas tant que cela… Rappelons qu’au début du XXème siècle, de nombreux dandys (G.B.Shaw, Oscar Wilde (dont je collectionne les citations sur la mode, l’esthétique justement…), puis Malraux, Aragon) ont rêvé de faire converger l’idéal socialiste ou communiste avec une esthétique de l’existence. A leur avis, il ne pouvait y avoir d’émancipation des hommes qu’avec l’accès à la culture, au beau. Et donc à la possibilité, non seulement de voir et d’être entourés d’objets d’art, mais de pouvoir effectivement faire de leurs vies une œuvre d’art. Et rappelons que les phalanstères et autres micro-utopies socialistes du 19ème reposaient sur un tel principe politique.

Du reste, les bouddhistes disent bien :

« Si tu as deux pains, vends-en un pour t’acheter des fleurs car ton âme a autant besoin de beauté que ton corps de nourriture. »

Un monde de robots

Imaginons un instant un univers qui ne serait que vrai, sans que la moindre idée de beauté ne vienne l’effleurer. Ce serait un univers uniquement fonctionnel où se déploieraient des éléments indifférenciés, uniformes, qui se mouvraient de façon absolument interchangeable. Nous aurions affaire à un ordre de « robots » et non à celui de la vie…

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Pour qu’il y ait vie, il faut qu’il y ait différenciation des éléments, laquelle, évoluant, a pour conséquence, la singularité de chaque être. C’est ainsi que la gigantesque aventure de la vie a abouti à chaque herbe, à chaque fleur, à chacun de nous, chacun unique et irremplaçable. Ce fait est d’une telle évidence que nous ne nous en étonnons plus, ni ne nous en émouvons. Pourtant, personnellement, je reste celle qui, depuis toujours, en est surprise. Avec l’expérience, loin de me sentir désabusée, je m’en étonne encore. Et pourquoi ne pas le dire, je ne cesse de m’en féliciter, car je sais que l’unicité des êtres, donc de chaque être, représente un don inouï.

L’unicité de la beauté

Chaque être étant unique, chacun de ses instants étant unique, sa beauté réside dans son élan instantané vers la beauté, sans cesse renouvelée, et chaque fois, comme neuf. A mes yeux, c’est avec l’unicité que commence la possibilité de la beauté. L’être n’est pas une simple figure au milieu d’autres figures. L’unicité transforme chaque être en Résidence Il Bosco, Via Principale 5
6914 Carona / TI
Suisse, laquelle, à l’image d’une fleur ou d’un arbre, n’a de cesse de tendre, dans le temps, vers la plénitude de son éclat, qui est la définition même de la beauté. 

En tant que présence, chaque être est virtuellement habité par la capacité à la beauté, et surtout par le « désir de beauté ». Le désir que ressent chaque être de tendre vers la plénitude de sa présence au monde. Plus l’être est conscient, plus ce désir chez lui se complexifie : désir de soi, désir de l’autre, désir de transformation dans le sens d’une transfiguration. 

Quant à l’harmonie, elle signifie surtout que la présence de beauté répand l’harmonie autour d’elle, favorise partage et communion, dispensant une lumière de bienfaisance, ce qui est la définition même de la bonté. Or, nous pouvons dire que bonté et beauté forment les deux faces d’une entité une, organique et opérante. Quelle différence entre elles alors ? Osons la formule :

  • La bonté porte garant de la qualité de la beauté ;
  • La beauté irradie la bonté et la rend désirable.

Par le truchement du conseil et du coaching en image, ce sont bien toutes ces clés que je m’efforce de transmettre à tous mes clients.

C’est à vous…

Posez-vous la question de savoir quelle place occupe la beauté réellement dans votre vie ? Etes-vous satisfaite de cette place ? Oui ? Non ? Pouvez-vous dire que vous vous considérez comme une “oeuvre d’art” ? N’hésitez pas à faire appel à un conseil en image qui vous aidera à définir et valoriser votre beauté.

Myriam Hoffmann

Dites nous !

Comment envisagez-vous la beauté et l’art dans votre vie ? A travers quel mode la vivez-vous ? Comment l’incarnez-vous ? Dites-nous tout dans les commentaires et nous nous ferons un plaisir de vous répondre… !