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Femme, féminine et féministe

Femme, féminine et féministe : est-ce possible aujourd’hui ?

Récemment, j’ai eu la chance d’assister à une conférence animée par une « femme-femme », Kaouthar Darmoni, fondatrice de Feminine Capital & Goddess Dance et professeur en genre à l’université d’Amsterdam. La semaine dernière, le Elle Magazine met sous mes yeux un article intitulé « féminine et féministe »! Interpelée par ces deux « signaux », j’ai décidé de partager avec vous dans cette newsletter ma joie et mon soulagement qui se résume finalement à cette phrase de Madame Marie du Deffand :

« Les femmes ne sont jamais plus fortes que quand elles s’arment de leurs faiblesses. ».

Comme le disait fort bien notre belle tunisienne : toute femme doit pouvoir s’habiller comme elle veut dans l’espace public, en mini jupe ou voilée, sans se faire agresser. Et en cas d’agression, la responsabilité ne doit pas être imputée à la victime.

Se faire belle sans être critiquée ni harcelée est une liberté et devrait être un droit de la femme. Enfin !… S’il était dorénavant féministe de s’assumer en talons et mini jupe contre vents et marées, malgré les regards désobligeants, voire les insultes ou le harcèlement dans la rue ? Bref, être sexy peut-il être le moyen d’affirmer haut et fort ses convictions féministes ?

Du côté du féminisme, il y a effectivement du nouveau : le corps ! Après quarante ans d’émancipation fulgurante, il s’agit de remettre le corps au centre de la pensée féministe, aussi bien dans sa dimension procréatrice qu’esthétique – et de manière enfin bienveillante. Simone de Beauvoir dans « Deuxième Sexe » avait déjà dit :

« La femme n’est un individu complet, et l’égale du mâle, que si elle est aussi un être humain sexué. Renoncer à sa féminité, c’est renoncer à une part de son humanité. »

Si pour les féministes de la deuxième vague, mettre la question du corps des femmes entre parenthèses était une nécessité pour les aider à s’extirper de leur condition domestique et donc maternelle, cela ne saurait plus être. Cela a permis une valorisation de l’existence sociale des femmes, mais quid de la dimension privée de leur existence ? De leur souci maternel ou surtout de celui de leur apparence ? Comment un être humain, homme ou femme, peut-il n’être plus qu’un individu pur et désincarné ? Intenable et insensé. Il se trouve que nous avons à vivre dans le monde avec un corps sexué.

Quand va-t-on enfin comprendre que vouloir être belle et se mettre en valeur n’est pas une préoccupation aussi futile que cela en a l’air… Au contraire ! C’est une préoccupation existentielle. Il est temps de reconnaître que la liberté conquise par les femmes existe au-delà de la sphère sociale, mais bel et bien dans la sphère corporelle et intime : leur vie privée.

Comment vivre en toute liberté dans sa vie amoureuse et familiale, comment jouir du droit d’occuper bon nombre de fonctions professionnelles et sociales tout en étant aliénées de son image et de son corps ! On ne peut plus penser, en 2015, que le souci qu’ont les femmes de leur apparence est une soumission aux diktats masculins et commerciaux.

Relooking conseil en image

Si quelques poignées de femmes sont encore sensibles au matraquage médiatique renvoyant des images inatteignables ayant fait beaucoup de mal, on voit aussi des femmes qui s’en libèrent et instaurent une distance critique par rapport à ces images idéales « éternellement minces, jeunes et belles ». Je côtoie suffisamment de femmes de tous âges pour témoigner de leur sérénité croissante, tel un passage d’un enfermement à un apaisement.

Etre une femme libre et vouloir être bien habillée et maquillée sans que cela soit considéré comme paradoxal, c’est donc enfin possible ! D’ailleurs, la pop culture et ses ambassadrices ne sont pas gênées pour marteler ce : « Je suis féministe et je suis sexy. »  Beyoncé et sa suite Rihanna, Miley Cyrus en sont les « queens » incontestées. Notre corps nous appartient aussi dans sa dimension esthétique. Et quoi de plus normal pour une femme, plus encore que pour l’homme, car si nous sommes tous des sujets incarnés, les femmes vivent cette incarnation de façon plus prégnante encore, notamment en raison de leur potentialité maternelle. Aussi, aujourd’hui, on milite pour le droit des femmes ET le droit à « être femme ».

Mais, Dieu merci, les femmes se sont émancipées de cette tyrannie de la nature si bien que la fonction maternelle n’est plus qu’une potentialité parmi d’autres… et j’en suis l’incarnation même, moi qui me sens ô combien femme mais… qui n’ai jamais eu ce désir d’enfant, attirée par d’autres intérêts dans ma vie depuis toujours… On voit aujourd’hui de plus en plus de jeunes femmes se projeter dans un avenir sans enfants… A une époque où l’on est encore dans une survalorisation de la maternité, cette tendance nouvelle n’apparait pas dans les statistiques, mais elle pourrait constituer l’un des combats féministes de demain. En ce sens, on peut parler d’une ligne de fracture générationnelle. L’émancipation des femmes doit dorénavant être considérée comme une ouverture des choix possibles dans tous les domaines, y compris dans celui de la procréation. On ne peut plus établir, comme le fait un certain féminisme, qu’il y aurait une bonne façon d’être une femme aujourd’hui. D’ailleurs, les femmes sont délivrées de l’exclusivité procréatrice aujourd’hui avec des projets parentaux menés par un homme seul, une femme seule, un couple lesbien. On peut dire que nos ainées se sont battues pour nous délivrer des contraintes. Aujourd’hui, nous voulons pouvoir choisir nos contraintes librement et surtout, ne pas être assignées à un modèle, un stéréotype.

Pour revenir à la question de l’image, je vois dans ma pratique quotidienne que la femme a une conscience assez fine de son image – mais qu’elle ne sait pas souvent concrétiser. Elle n’OSE pas !… Aussi, en sachant se maquiller, s’habiller, en faisant des choix qui vont de la coiffure à la chirurgie esthétique, chacune est à la recherche d’un reflet en adéquation avec un ressenti intime qui correspond à la femme que l’on est vraiment au fond de soi. Passer du temps et dépenser de l’argent à travailler son apparence n’est pas forcément vouloir se montrer dans le monde en tant que femme – mais plutôt en tant que cette femme-là. Et la femme varie avec l’âge et avec les moments de vie.

Je vais laisser le mot de la fin à un grand monsieur :-), Victor Hugo, qui écrivait déjà :

« La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l’apparence de la faiblesse. »

A part ça, cette aspiration profonde à disposer de son corps souligne avec cruauté la question de la communication entre les sexes, mais ça, c’est un autre débat…

Mademoiselle M, révélatrice de votre meilleure image

PS : Ravie en ce jour de découvrir que Barbara Polla a repris une partie de mon article dans son blog 🙂


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